Les moulins

Ces moulins sont les survivants de la quinzaine de moulins, qui mettaient de l’animation dans les paysages de Joué, d’Étiau et de Gonnord. Généralement, ce sont des moulins du type cavier, comprenant une tour conique s’élevant au-dessus d’une masse de pierre et surmontée d’une cabine de bois, la hucherolle, dans laquelle se trouve l’arbre porteur qui supporte les ailes.

Aussi, sur une colline dépendant de l’ancienne commune de Joué-Étiau se dressent encore deux moulins à vent dont un moulin-tour et un moulin cavier.

Ces deux moulins furent restaurés ces dernières années :

  • Le Moulin des Armeneaux

Ce moulin a conservé sa hauteur d’origine, ce qui permettait au meunier, en se tenant sur le terre-plein, qui entoure le massereau, d’enfiler (de pouiller) les toiles sur les ailes, ou de les retirer. Ce moulin a tourné au vent jusqu’en 1952. A noter que le dernier meunier le faisait tourner avec deux ailes seulement.

 

  • Le Moulin du Gué Robert

C’est un moulin de type cavier. Détruit en 1794, il fut reconstruit au début du XIXème siècle. Dans les années 1860, sa tour, ou massereau a été considérablement rehaussée, pour offrir davantage de prise au vent, et ceci grâce à l’invention de Monsieur BERTON d’Angers, qui remplaça les ailes à toiles par des ailes à planches. Le meunier les ouvrait alors en manœuvrant un système de tringlerie dans la hucherolle, et en adaptant « la voilure des ailes à la force du vent ». Ce moulin cessa de tourner au vent en 1930. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, il fut restauré dans les années 1980.

Les visiteurs des deux moulins restaurés s’extasient souvent devant l’ingéniosité de nos aïeux. On peut se demander si nos contemporains n’auraient plus cette qualité, qui leur permettrait de trouver des solutions écologiques, en vue de lutter contre la pollution envahissante…

 

Les églises

 

  • Église Saint Martin (JOUÉ) XIIème, XIIIème et XIXème siècles

En 1040, Aremburge, femme du Chevalier Rahier, donne l’église alors aux mains des laïques au chapitre. La nef de cette église semble remonter au début du XIIème siècle. Au XIIIème siècle, l’église est fortifiée et, à la demande des habitants, un chevalier est engagé pour la garder. Plusieurs restaurations et modifications ont lieu. La plus importante date de 1877. L’église est agrandie et augmentée d’un chœur avec flèche. Tessier en est l’architecte.

  • Église Saint-Laurent (ÉTIAU) XIIIème, XIXème siècles

L’ancienne église est enclavée à l’origine dans le château fort qui a été démoli en 1431. Un magnifique autel-retable du XVIIIème siècle y est conservé. L’artichecte Bibard restaure cette église en 1879 grâce à un don de 30 000 francs de la comtesse de Quatrebarbes.

  • Les fonts baptismaux XIIIème siècle Pierre blanche

Ces fonts baptismaux se composent de deux piscines accolées. Le premier bassin est circulaire, d’un diamètre de 0,63 mètre. Le second bassin est octogonal et a un diamètre de 0,80 mètre. Le couvercle en bois et la serrure sont modernes. Sur la seconde piscine, la partie supérieure est richement décorée de deux trèfles et de quatre feuilles.

  • Église Saint Pierre (GONNORD) 1855 et de 1862 à 1864

Dès le XIème siècle, deux églises sont mentionnées à Gonnord, Saint-Pierre et Saint-Jean. En 1804, soit l’an XI, elle est restaurée tant bien que mal. En 1844, le conseil de fabrique décide de sa réfection. L’architecte Delestre en dresse les plans en 1846. En 1855, elle est terminée, mais de 1862 à 1864, le clocher doit être démonté puis reconstruit à la suite d’affaissements sous ce dernier.

 

Le vieux château de Gonnord

L’origine du Château de Gonnord, remonte à la fin du Xème ou au début du XIème siècle. Il s’agissait d’un château-fort entouré de douves avec pont-levis. Au cours du temps, il connut de nombreux avatars. Déjà, en 1230, il fut pris et rasé par les Anglais.

Propriété de la famille du BELLAY depuis 1483, il devenait celle de COSSÉ en 1517. Charles IX coucha à Gonnord les 6 et 7 octobre 1565. ARTUS de COSSÉ, Maréchal de France et Intendants des Finances entreprit la reconstruction du Château en 1575.

Il reçut la visite du Duc d’Anjou les 15 et 16 février 1580. Henri de NAVARRE y séjourna à plusieurs reprises. Devenu Henri IV, ce dernier y revint en Mars 1598. Incendié pendant la Révolution, le 30 Mars 1793, il fut vendu comme bien national en 1796 et racheté par le régisseur.

Plus tard, vraisemblablement dans la deuxième partie du XIXème siècle, les ruines furent exploitées pour récupérer la pierre.

Heureusement, l’entreprise se révéla peu rentable, ce qui permit à la partie Est d’être épargnée. Celle-ci fut acquise par le curé de l’époque. Des salles furent alors aménagées dans la tour Nord, ainsi qu’un jeu de boule de fort dans la partie centrale et loués à une société de Loisirs dénommée « Cercle Saint Pierre », laquelle existe toujours.

A l’étage, une salle de réunions et de spectacles étaient mise à la disposition du Patronage et de la Société Sportive « l’Élan », aujourd’hui disparus. Le château était inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques le 16 juin 1926. De 1928 à 1954, il devint propriété de 4 personnes qui le gérèrent sous forme de tontine.

En 1954, il était cédé à l’Association d’Éducation et de Bienfaisance de Gonnord, déjà propriétaire de biens paroissiaux.

Dans les années 1970, cette Association connaissait de grandes difficultés, les recettes ne couvrant plus les frais : entretien, assurance, impôts, etc…   Un bail emphytéotique de 99 ans était d’abord conclu entre elle et la commune en 1981. Et en 1992, le château est devenu propriété communale. La salle de spectacles, pouvant accueillir 300 personnes, ainsi que 4 autres salles attribuées aux associations, ont été rénovées. C’est ainsi que pendant longtemps encore, le vieux Château de Gonnord pourra témoigner du passé et il continuera d’être mis en valeur au sein de son parc de 2 hectares en cours d’aménagement.

 

Le jeu de boule de fort

Depuis le 18 février 1912, le Cercle Saint Pierre réside dans les murs du Château où l’on peut y découvrir un jeu de boule de fort unique, de par sa situation.

Ce sport se pratique en pantoufles sur un jeu en forme de gouttière, avec des boules de 1 200 à 1 500 grammes cerclées de fer sur environ un tiers de leur largeur. Une petite masse de plomb, incrustée dans le bois donne à la boule un équilibre instable. L’origine de ce jeu est incertaine, mais il est probable que les précurseurs soient les forçats espagnols qui, de 1715 à 1719, étaient employés à la construction des levées de Loire. Les mariniers auraient inventé ce jeu en jouant à la boule dans les bateaux. Les douves incurvées des châteaux servaient peut-être de terrain de jeu à l’origine. Plus souvent, le lieu de naissance de la boule est donné dans la Région de Mazé. Il y avait une trentaine de sociétés au XVIème siècle.

Orgueil de Valanjou, ce jeu de boule de fort mérite la visite ! vous qui passez, n’hésitez pas à « pousser la porte » de Saint Pierre.